Lors d’un entretien exclusif, Florent Sinama-Pongolle revient sur son parcours en Bleu ainsi que sur sa carrière de footballeur professionnel. Joueur de l’Equipe des Légendes, il évoque également sa nouvelle activité chez Canal+ et son ressenti sur le Club des Internationaux de Football, auquel il a récemment adhéré !

Ta carrière est très riche, très atypique aussi : quatorze clubs, un départ dès 17 ans pour Liverpool, puis l’Espagne, le Portugal, la Russie, les USA, l’Ecosse, la Suisse et même la Thaïlande ! Explique-nous…

– À l’origine, je voulais assouvir ma passion pour le football, ne pas perdre de temps, découvrir un maximum de choses et de gens, et gagner bien sûr. Sans me soucier du qu’en dira-t-on, ni me fixer de limites.

De ce point de vue, je ne regrette rien. J’ai été Champion du monde U 17, meilleur joueur et meilleur buteur de la compétition, j’ai gagné la Champions League, des titres de champion, des Coupes…C’est vrai qu’après 38 Sélections en Espoirs j’aurais pu espérer mieux qu’une seule cape et 21 minutes de jeu en A. Mais j’ai connu trois graves blessures qui ont pas mal compliqué les choses.

Tout s’est enchaîné très vite, je n’ai pas toujours eu le temps de mûrir mes choix, mais le bilan me va ! J’ai vécu beaucoup de choses et sur le plan humain, qui est essentiel pour moi, j’ai été comblé.

Ton après-carrière se présente de façon aussi positive ?

– Pour le moment, oui. J’ai bouclé la boucle de joueur là où je l’avais commencée, chez moi, à La Réunion, mais les perspectives de reconversion y sont forcément limitées.

Alors, comme beaucoup, j’ai tenté l’option consultant TV.  Canal + avait réalisé un très beau sujet pour J +1 quand je jouais en Thaïlande et le contact s’est donc renoué facilement.

Les longs débats sur tout et sur rien, ce n’est pas trop mon truc, mais dans l’analyse d’un match, le debrief et même la présentation, je me sens vraiment à l’aise.

Avec King of the day et la Premier League, la saison 2020-2021 s’annonce passionnante pour moi.

Les anciens joueurs ont-ils, à tes yeux, une juste place dans les instances ? Le CIF, l’équipe des Légendes, l’initiative de Luis Fernandez, quel regard portes tu sur tout cela ?

– Tout cela me semble aller dans le bon sens. Le joueur, qui a presque tout connu en dix ou quinze ans de carrière, a forcément un vécu qui peut et doit profiter à tous. Transmettre, c’est très important, c’est un devoir.

Donc l’équipe des Légendes, pour ceux qui ont raccroché il n’y a pas trop longtemps, c’est intéressant, on garde le contact au niveau international et les gens semblent apprécier ces retrouvailles entre « anciens ».

Le CIF qui est le garant de la solidarité entre toutes les générations d’internationaux et qui est à notre écoute en cas de besoin, c’est une très belle idée. Il faut continuer.

Et si Luis peut fédérer les énergies des anciens champions désireux de s’investir davantage dans les instances nationales et régionales, je dis bravo.

Il y a de la place pour tout le monde et je préférerais toujours ceux qui veulent entreprendre et réunir à ceux qui veulent diviser ou jouer perso.